Didier Chateau, Directeur Deloitte Développement Durable

En mai dernier, Didier Chateau, Directeur chez Deloitte Développement Durable, a assisté au colloque co-organisé par Le Réseau Transition et le CIRODD à Montréal. Il a également participé à une table ronde sur “la responsabilité environnementale et sociale du chercheur, de l’entreprise, du gouvernement et du citoyen”.

Didier CHATEAUQuel est votre rôle au sein de Deloitte Développement Durable ?

D.C. : Deloitte Développement Durable est une entreprise en pleine évolution ces dernières années, qui regroupe à la fois un métier historique d’audit, des compétences scientifiques et techniques de haut niveau, et des savoir-faire d’animation et de communication. Cet ensemble nous permet à la fois d’avoir une vision stratégique des enjeux du développement durable et une capacité d’accompagnement pour opérationnaliser, rendre concrète cette stratégie. Au sein de cet ensemble, j’ai trois types de missions : une responsabilité commerciale, notamment du secteur des collectivités locales ; l’accompagnement du déploiement de leur stratégie de développement durable ; et le montage de projets partenariaux innovants.

Quels sont, selon vous, les intérêts d’une entreprise à adopter une économie verte ?

D.C. : Pour une entreprise, l’intérêt d’intégrer le développement durable dans sa stratégie de développement est triple :

– elle répond à une demande croissante de la société et de ses différents acteurs : le législateur qui accroît ses exigences réglementaires, les consommateurs et plus globalement les parties prenantes de plus en plus attentifs à la qualité et aux impacts des produits, et de plus en plus, les investisseurs et bailleurs de fonds qui intègrent la soutenabilité dans l’analyse de leurs choix,

– elle fait évoluer son business model dans une logique de progrès continu. Cette dynamique, qui la pousse constamment à réinterroger ses choix lui permet de découvrir de nouvelles opportunités de marché, et de conserver un haut niveau de compétitivité.

– Cette dynamique, ce mouvement, s’effectue très souvent au service d’une évolution positive des pratiques dans l’entreprise et de sa culture. Plus d’initiative, de sens, d’horizontalité au niveau des salariés, et plus de coopération et d’innovation avec d’autres acteurs : ce point est fondamental. Car c’est la dimension citoyenne de l’entreprise qui s’exprime à travers cet effet d’entraînement, indispensable à l’évolution de notre modèle de développement.

Vous avez participé à une table ronde pendant le colloque sur les enjeux de l’opérationnalisation du développement durable pour la transition socio-écologique, colloque co-organisé par le Réseau Transition et le CIRODD au Québec : qu’avez-vous le plus apprécié pendant ces deux journées ?

D.C. : Le privilège de pouvoir participer à ce moment que je pourrais qualifier d’intime, tant le format permet un véritable partage de savoirs, de connaissances et de questionnements. Les apports, les travaux, les communications induisent une mise en ébullition inspirante de tous mes neurones, et ouvrent le champ des possibles. Plus factuellement, j’ai aussi pris la mesure des questionnements des chercheurs quant à leur rôle dans la transition socio-écologique. Il me semble essentiel de tout faire pour les embarquer dans ce mouvement, d’en faire des makers.

Quels intérêts voyez-vous à une collaboration France-Québec ?

D. C. : Les contextes sont assez radicalement différents et permettent un enrichissement mutuel évident. Le Québec est l’un des pays historiquement impliqué dans le développement durable, la France aussi, avec des modes opératoires différents. Il faut aller plus loin, associer des acteurs de nos sociétés civiles respectives pour imaginer et mettre en œuvre les solutions urgentes dont nous avons besoin. Poursuivons !

Quel projet de recherche ou de partenariat vous ferait rêver ?

D.C. : Mon métier, depuis toujours, c’est de rendre possible ce qui est en devenir, au croisement du rêve et de la réalité. Plus qu’un projet de recherche, c’est un espace multi-acteurs fécond que j’espère contribuer à développer : avec le Réseau Transition, le rêve devient réalité. Le faire grandir avec l’équipe de l’Université de Bourgogne Franche-Comté – et maintenant nos amis québécois – c’est un très beau projet !

 

Merci à Didier Chateau d’avoir joué le jeu des questions-réponses.

Propos recueillis par Christelle Faieta