Responsable du projet : Catherine BAUMONT, Professeure d’économie au Laboratoire LEDi – Université de Bourgogne Franche-Comté

économie – psycho-sociologie – information-communication – sciences du langage

Contexte

Si le principe selon lequel « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » a une valeur constitutionnelle depuis 2005, force est de constater l’écart qui existe selon le domaine d’intervention des pouvoirs publics.

De ce constat, la restructuration actuelle des politiques publiques environnementale et énergétique semble permettre l’émergence d’une dynamique nouvelle. De la même manière, l’adoption de la loi de modernisation de notre système de santé, intègre pour la 1ère fois des enjeux environnementaux. Cette intégration est d’autant plus remarquable que les dispositions qui l’expriment font l’objet d’un nouvel article L. 1411-1 du code de la santé publique, inséré dès le début du code, en mentionnant expressément que « la politique de santé comprend (…) : 2° La promotion de la santé dans tous les milieux de vie, notamment dans les établissements d’enseignement et sur le lieu de travail et la réduction des risques pour la santé liés à l’alimentation, à des facteurs environnementaux et aux conditions de vie susceptible de l’altérer ».

Plus particulièrement s’agissant du logement, plusieurs initiatives se succèdent depuis le Plan Bâtiment Grenelle initié en 2009, en vue de développer des programmes de rénovation des bâtiments privés et publics. Pourtant, le constat est largement insuffisant, les différents processus engagés n’ayant à ce jour pas reçu un écho suffisant. Aussi, les interrogations des institutions publiques se multiplient, qui visent à comprendre les obstacles à la massification en matière de rénovation énergétique.

Or les « déterminants du passage à l’acte de rénovation énergétique » sont en prise avec des intérêts diversifiés, ce qui explique en partie les difficultés à réaliser de telles ambitions et qui implique à la fois des réponses coordonnées et interdisciplinaires. Si les enjeux économiques ont une part prépondérante dans la justification des limites de ces politiques publiques, la dimension sociale et psycho-sociale ne doit pas être négligée, ni d’ailleurs celle de la perception par les publics concernés qui, précisément ne se perçoivent pas toujours, comme étant concernés. Au-delà de ces divers intérêts, les nombreux obstacles à identifier soulèvent de interrogations plus profondes, parfois plus intimes aussi, en lien avec la précarité, la pauvreté et parfois la dignité humaine. Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre souligne une fois encore que « le logement est une question de santé publique » (28 janv. 2016, p. 7 et s.) au cœur de laquelle se situent les enjeux de précarité énergétique.

A ce cloisonnement s’ajoute ainsi une contradiction entre la volonté de massification de la rénovation énergétique des logements et la multiplicité des cas particuliers. Les ménages se distinguent en effet, au-delà des aspects traditionnellement retenus, par des caractéristiques tenant à la vulnérabilité, qui revêt elle-même des aspects divers : vieillesse, santé, mal-être, précarité ou insécurité économique, etc. Paradoxalement, les enjeux d’une massification en matière de rénovation énergétique reposent sur la capacité de ces publics vulnérables, ou pouvant le devenir, à accéder aux dispositifs. Or ces critères sont actuellement peu pris en compte par les politiques publiques.

Rénovation énergétique – habitat – santé – vieillissement – vulnérabilité – bien-être

Laboratoire LEDi :

  • Catherine Baumont, Pr.
  • Pierre Voyé, Doctorant

CGC : Myriam Borel (projet de thèse)

Art-DEV (UMR CNRS 5281, univ. Montpellier) : Dorothée Charlier, MCF économie

Emmanuelle Lavaine Annecy. IREGE

Bérangère Legendre Annecy IREGE

Partenaires extérieurs pressentis : EDF (contacts : Rémy Combernoux et William Lombardet), CSTB (contact Olivier Teissier)

Ingénierie : Réseau de Recherche et d’Innovation sur la Transition socio-écologique (MSH Dijon) Le Réseau de Recherche et d’Innovation sur la Transition socio-écologique est dédié à l’accompagnement des acteurs et porteurs de projets, permettant le changement des modes de vie et d’habiter, des modes de consommation, des pratiques professionnelles, des territoires urbains et ruraux, dans une dynamique interdisciplinaire.

Les actions menées pour la transition socio-écologique ont toutes en commun une volonté d’apporter des solutions contre l’épuisement des ressources et les risques climatiques. Les entreprises et les collectivités ont un rôle essentiel dans ce mouvement, qui passe par une nécessaire conversion écologique de notre économie. Dans ce contexte, l’accompagnement au changement se fait aussi par la recherche.

Étude en cours

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