Marie-Hélène Bacqué, sociologue

Nous vous l’avions annoncé ! L’interview de Marie-Hélène Bacqué, invitée du premier atelier de l’empowerment, est en ligne. Sociologue et professeur d’études urbaines à l’Université Paris-Ouest-Nanterre, elle a présenté ce 4 février 2016 une conférence sur l’empowerment, sujet ayant fait sa renommée. Nous en avons également profité pour lui poser quelques questions sur le pouvoir d’agir dans un contexte de transition socio-écologique.

Marie-Helene-Bacque

Quelle est votre impression sur la table ronde de ce matin ?

M.-H. B. : Cette table ronde a montré le flou de la notion d’empowerment, parce que nous l’avons bien vu autour de la table : il y a des attentes et des lectures très différentes. Elle a montré aussi une série de questions communes sur la reconnaissance de l’initiative citoyenne dans notre société, que ce soit dans l’entreprise ou dans le quartier. Il y a encore du travail à faire collectivement.

Ces échanges sur l’empowerment dans un contexte de transition rejoignent-ils vos propres travaux sur l’empowerment ?

M.-H. B. : La transition se pose en termes écologiques et démocratiques parce qu’une transformation environnementale ne peut se faire que sur la base d’une discussion démocratique. Il me semble que les deux sont largement articulées. Dans la notion d’écologie, je mets aussi la question de la justice sociale. Il y a une rencontre entre les enjeux d’empowerment, de prise en charge des individus et des collectifs et la question de la transition. Il reste encore à définir ce que l’on qualifie de transition. Là aussi, le vocabulaire reste assez flou et peut être investit de façon plus ou moins radicale, plus ou moins transformatrice, par les uns et par les autres.

La participation des citoyens, notamment des plus vulnérables, reste-t-elle une condition essentielle pour construire une société plus durable ?

M.-H. B. : Oui, tout à fait. C’est une condition qui reste essentielle parce que la question de la durabilité renvoie aussi aux questions d’égalité et de reconnaissance. Il me semble qu’on ne peut pas séparer ces trois dimensions. Une société dite durable, c’est une société qui permet la cohésion sociale, la répartition des richesses et qui fait en sorte que chaque groupe social ait sa place, et ne soit pas dans une situation de domination. C’est une société qui permet aussi que le pouvoir soit partagé. Ces questions-là sont à mon avis, très liées. Bien sûr, il y a des gens qui ne les articulent pas du tout et il y a des courants qui pensent la question écologique à travers l’idée du capitalisme vert, qui ne transformerait finalement rien profondément. Mais c’est une interprétation qui n’est pas la mienne.

[Extrait de l’interview]

 

Vous pouvez dès à présent écouter l’interview de Marie-Hélène Bacqué en version complète sur le site de Radio Dijon Campus.

Redécouvrez la conférence, toujours disponible en podcast.

Merci à Marie-Hélène Bacqué d’avoir joué le jeu des questions-réponses.

 

Propos recueillis par Camille Curci et Mylène Martin.